Le journalisme et son évolution

« Pourquoi se dire « journaliste numérique » ? De nos jours, tous les journalistes sont censés l’être non ? ».

Voila comment Wolf Blitzer, journaliste et présentateur sur la chaine américaine CNN casse la frontière entre les médias et le web. Pour lui il n’existe pas de journalistes papier, et pas de journaliste web. Tout journaliste doit être capable aujourd’hui de s’adapter et d’adapter son information aux plateformes qui lui sont proposées.

Ils doivent être à l’affût des nouvelles façons de vivre, de s’informer, de développer des pratiques professionnelles pour alimenter un flux continu d’informations, de s’approprier les nouvelles technologies qui émergent et de s’aventurer sur de nouveaux terrains et de nouvelles opportunités qui s’offrent à eux. Le web a un impact indéniable sur la profession.

Contrairement au journalisme télévisuel, radiophonique ou imprimé, le journalisme numérique jouit d’une liberté plus importante.

En effet, sur le web la notion de bouclage n’existe pas, mais laisse place à d’autres enjeux. Il n’est pas dépendant d’un processus industriel lourd (impression, transport, etc) et n’a pas de notion de « place limitée ». Sur le web, nous pouvons écrire autant d’articles qu’on le souhaite sans contrainte d’espace.

On pourrait alors penser que le journalisme en ligne est totalement dénudé de contraintes, et pourtant, nous verrons que les enjeux et les objectifs différents, ont eux aussi, des spécificités.

Les journalistes doivent avant tout connaître leur audience et leurs attentes ainsi que leur mode de consommation de l’information.

Pour cela, les journalistes doivent se familiariser avec le web et les réseaux sociaux sur lesquels se connectent des millions d’internautes tous les jours.

Le journalisme sur le web s’apparente un peu comme du journalisme de terrain. En effet, sur le web nous partageons tout à chaud, des informations, des images prises sur le vif, des vidéos filmées en direct. C’est comme si nous étions sur place sans y être physiquement !

Les réseaux sociaux et les journalistes

La veille est devenue un élément essentiel aujourd’hui pour faire du bon journalisme. Cette surveillance d’informations implique obligatoirement une présence sur les réseaux sociaux, notamment twitter.

De nos jours, 91% des journalistes considèrent utilisent les réseaux sociaux comme un outil de travail, près de 60% y consacrent 2 heures par jours, 27% entre 2 et 4 heures et 14% plus de 4 heures.

Twitter est le réseau social considéré comme le plus important professionnellement. Il est suivi par Facebook, Linkedin et très loin derrière Google +.

Les réseaux sociaux dits « visuels » comme Instagram et Pinterest sont quant à eux de plus en plus utilisés par les journalistes beauté, lifestyle, mode, etc.

En plus d’êtres des outils importants dans la promotion et pour la veille, on remarque qu’ils deviennent des concurrents directs aux médias traditionnels.

Grâce à leur fort pouvoir de visibilité et de viralité, 64% des journalistes les utilisent pour promouvoir et partager leurs articles. (94% des journalistes uniquement online).

Les réseaux sociaux permettent également de créer et de garder un lien fort et une proximité avec son audience. 44% des journalistes pensent que les réseaux sociaux concurrencent directement les médias traditionnels.

En plus d’organiser ses sources en temps réels, le journaliste doit être capable de retracer les sources en ligne : qui a posté cette vidéo ? Quel jour, à quelle heure ? Les informations trouvées sur le web doivent être contextualisées et datés.

Le temps, facteur primordial du journaliste

Nous disions que le bouclage n’était pas présent pour un journaliste web. C’est faux, un journaliste online vit un bouclage permanent.

Chaque minute, chaque seconde amène son lot de nouvelles informations. Faut-il en parler ? Faut-il être les premiers à diffuser cette information ? Cela devient un contre la montre impitoyable contre le temps et contre les concurrents.

Être le premier à poster une information possède de nombreux enjeux :

– Nous sommes les plus crédibles car nous en avons parlé avant tout le monde, l’information nous appartient;

– L’article est partagé et parfois cité sur les réseaux sociaux et chez les concurrents.

Cette décision dépend de la ligne éditoriale des médias. Partager l’information en premier quitte à être un peu léger sur l’information ? Ou alors enquêter sur l’actualité et proposer un article complet et de qualité ?

Avec le web, les journalistes doivent être prêts à rédiger à toute heure car l’actualité n’a pas de week-end.

Sur le web il est important de savoir pour qui on écrit. Avec la presse papier, cette question n’existait pas vraiment.

Autrefois, connaître son public, son âge, ses goûts était du ressort du service marketing. Aujourd’hui c’est un principe fondamental du journalisme.

Grâce aux analytics sur le web et aux audiences sur les réseaux sociaux, nous pouvons savoir de plus en plus combien de personnes lisent nos articles et voir ce qui intéressent ou pas notre audience.

En effet, le journaliste n’a pas fini son travail une fois l’article rédigé et posté sur le blog, site et sur les réseaux sociaux. Il doit à présent assurer le « service après vente ».

En 2016, son rôle consiste aussi à organiser une discussion autour d’un sujet, répondre aux questions des internautes si ils interpellent le média en question, etc.

Une nouvelle génération

Sur les 37 032 cartes de presse attribuées en France en 2012, on ignore la proportion des journalistes uniquement online.

Cependant, d’après l’observatoire des métiers de la presse, le nombre de journalistes « papier » diminue tandis que le nombre de journalistes web augmente.

En 2016 le journaliste doit à la fois avoir une bonne aisance rédactionnelle et une bonne recherche d’information tout en utilisant le web et les nouvelles technologies du mieux possible. Entre algorithmes des réseaux sociaux, CMS (Content Management System) et rédaction 2.0 pour rédiger et publier son article, il doit avoir des notions très poussées en informatique.

Les journalistes sont aussi confrontés à la robotisation de la profession. Un logiciel inventé par Narrative Science, une start-up basée à Chicago, est capable de rédiger des articles compréhensibles par l’Homme.

Pour ce faire, il compile des données informatiques pour les transformer en article.

Ce logiciel est très utilisé dans le domaine sportif et de plus en plus dans le secteur économique et politique.

Certains journalistes comme Frédéric Filloux y voient une vraie utilité dans le futur, mais pas pour n’importe quel sujet.

« Pour certaines informations très brèves, très simples, une rédaction robotisée peut fonctionner. »

Toujours plus de données

Avant 2000, le journaliste devait chercher lui-même des données, des sources, des citations, etc. Aujourd’hui ces flux d’informations viennent à lui en grand nombre.

 

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